Potosi.
On arrive de nuit dans cette ville, premiere etape de notre passage en Bolivie. On ne devine que lui : le Cerro Ricco, montagne pleine d argent qui domine la ville.
Le lendemain, jour ferie, le centre ville est transforme en enorme marche. Les "cholitas" sont assises sur leur montagne d orange. On se laisse tenter par pas mal de specialites et de fruits: noix de coco, canne a sucre, banane de liliputiens, biscuits boliviens.... Une vraie decouverte culinaire. Carole revit un peu l Afrique.
Comprendre Potosi necessite une petit cours d histoire. Cette ville magnifique aux multiples eglises et au style colonial fut la plus grande et la plus riche cite d Amerique du Sud grace a l argent, minerai dont le Cerro Ricco debordait. On ne sait pas la quantite d argent qui est sorti de cette montagne mais elle permit a l Europe et surtout a l Espagne de s enrichir pendant plus de 4 siecles. Des que le filon a commence a s epuiser, le declin et la pauvrete se sont abbatus sur la ville.
Aujourd hui, la mine est toujours en activite. L exploitation a ete reprise par des cooperatives de mineurs.
On a donc plonge au coeur de cette histoire en visitant la mine et en s enfoncant dans les entrailles de la montagne. Ames sensibles s abstenir, ce n est pas qu une visite touristique mais bien un partage des conditions de travail des mineurs pendant quelques heures. On s est cru comme Renaud dans Germinal sauf que la, c etait reel. A peine entree dans les galeries, un wagon deboule (1 tonne, 40 Kmh) nous obligeant a lui ceder le passage en se collant a la paroie. On evolue dans les galeries par des trous d homme parfois a 4 pattes, parfois en rampant. Casque obligatoire pour Carole qui avec toutes ces emotions, a perdu la notion de hauteur. Travail manuel pour les mineurs sous 40 degres ou ils respirent poussiere et gaz. Nous sommes invites a leur donner un peu de repis en leur donnant un coup de main. Seb prend la pelle le temps de remplir un bac de pierre sous les rires des mineurs parce qu il met tout a cote. La visite continue dans les galeries avec des supers explications de notre guide. On a adore cette visite meme si le retour a la lumiere du soleil et a l air ambiant nous a fait du bien.
Nous sommes invites a revenir le lendemain pour une celebration qui a lieu 3 fois dans l annee. C est la fete de Pachamama, offrandes aux dieux pour proteger les mineurs au fond de la mine.
Nous arrivons en groupe avec de nombreux cadeaux: feuilles de coca (grande consommation des mineurs, une grosse chique dans la joue toute la journee), biere, alcool local (90 degre ou c est marque sur la bouteille alcool potable), soda... Les mineurs et leur famille sont assis devant la mine, 2 lamas font aussi partis de la fete. Ils sont trop mimis, de vrais vedettes: on les caresse, on les prend en photo. On se melange avec les mineurs. Carole explique la tuerie du cochon dans sa ferme natale avec une belle imitation du cochon qui a peur et qui sait qu il va mourir. Il y a du public. Ah oui, parce qu on vous a pas dit, les offrandes, c est un gros barbecue des 2 trop mimis lamas. Couic...
Les mineurs parlent en Quechua, nous avons surpris l une de leur conversation : "j ai perdu la notice de ma tente 2 secondes, impossible de la replier, je n ai plus qu a en faire un cerf volant!". Blague de Seb, pour ceux qui ont compris, bravo (parce que Carole a mis du temps)!.
Midi, l heure sonne. Les 2 lamas sont egorges, le sang est recueilli pour etre lance sur les murs. Pas de bol, Seb est dans le passage. Il est asperge. Mais Carole n est pas epargnee, elle est baptisee...On assiste a la decoupe des lamas et aux preparatifs du barbecue. Mais nous devons partir, le steack de lama, ce sera pour plus tard....
Hasta Luego
Carole et Seb